Lancement de la campagne de mobilisation La belle plage pour la qualité de nos eaux de baignade !

Du 15 juin au 15 septembre 2026, nous lançons la campagne de mobilisation La belle plage : A lavé a dilo prop osi pour améliorer la qualité de nos eaux de baignade. 

Nous partons d’un constat alarmant : 7 des 11 sites de baignade de Guyane suivis par l’ARS sont aujourd’hui interdits à la baignade pour des raisons sanitaires ! Cette situation est liée entre autres aux nombreux rejets d’eaux usées sur le littoral, entraînant des pollutions aux matières fécales.

Nos objectifs : Permettre la résorption des sources de pollution qui dégradent nos lieux de baignade en lien avec les autorités compétentes, informer sur les risques liés à la baignade et agir pour une amélioration durable de la qualité des eaux.

Etat des lieux de la qualité de nos eaux de baignade

Définition et réglementation des eaux de baignade

Une eau de baignade se définit comme « toute partie des eaux de surface dans laquelle la commune s’attend à ce qu’un grand nombre de personnes se baignent et dans laquelle l’autorité compétente n’a pas interdit la baignade de façon permanente » (art. L.1332-2 du Code de la Santé Publique). La commune recense chaque année toutes les eaux de baignades (art. L.1332-1 du CSP) et doit associer le public à ce recensement (art. L.1332-1 du CSP). Ce « grand nombre » de baigneurs correspond généralement à une fréquentation régulière d’au moins une dizaine de personnes.

Les communes  doivent alors élaborer un profil de baignade qui comprend une description des caractéristiques physiques, géographiques et hydrogéologiques des eaux, une identification et une évaluation des sources de pollution (art. R.1332-20 du CSP). En 2026, les communes de Rémire-Montjoly, Roura et Kourou ont élaboré (ou sont en cours d’élaboration) leurs profils de baignade. 

La mairie doit afficher à proximité immédiate de chaque site, les informations permettant d’évaluer la qualité de l’eau (art. D1332-32 du CSP) : le classement de l’année précédente, les résultats des analyses de l’année, une synthèse du profil de baignade, les informations sur les pollutions à court terme (année en cours et précédente), ainsi que les interdictions de baignade ou fermetures du site. L’absence de panneau peut indiquer que la plage n’est pas recensée comme « eau de baignade » (art. D1332-19 du CSP). Sauf interdiction, la baignade s’effectue sous la seule responsabilité des baigneur.euses.

L’état des eaux de baignade en Guyane

Sur les 11 sites évalués, 9 présentent une qualité insuffisante et 7 sont interdits à la baignade. Seules deux zones se distinguent favorablement : la Crique Canceler, classée excellente depuis 2011, et la plage Louis Caristan, classée de bonne qualité. Les contrôles sont réalisés par l’Agence Régionale de Santé de Guyane (ARS) une à deux fois par mois sur toute l’année. Les analyses sont réalisées selon la directive européenne 2006/7/CE et mesurent principalement la présence de bactéries fécales (E. coli, entérocoques) et quelques paramètres physico-chimiques.

Toutefois, ces analyses n’intègrent ni les pollutions chimiques (pesticides, résidus médicamenteux), ni les microplastiques, ni les pollutions liées à l’exploitation aurifère tout aussi préoccupantes. 

Vous pouvez consulter la qualité de vos lieux de baignade sur le site https://baignades.sante.gouv.fr/ 

Pourquoi les eaux sont de si mauvaise qualité ?

alerte n°51714, avril 2026, Zac hibiscus Au niveau des zones urbanisées, la présence de bactéries fécales s’explique par le retard de développement et le dysfonctionnement des structures de traitement des eaux usées (ou assainissement).  

L’assainissement individuel est la solution la plus courante. Elle repose sur des fosses septiques ou, parfois, sur l’absence totale de traitement. Souvent, les eaux usées sont rejetées directement dans le milieu naturel et 95% des installations sont estimées non conformes (source : CESE, 2022). Il est répandu en zone urbaine comme dans les villages de l’intérieur. Les quartiers d’habitat spontané ne disposent généralement pas d’équipement spécifiques.

Certaines communes les plus densément peuplées bénéficient de systèmes d’assainissement collectif assurés par des entreprises privées (notamment Kourou et Cayenne); et de dispositifs non collectifs regroupés (notamment à Rémire-Montjoly, Matoury, et dans certains établissements scolaires) mais qui ne recouvrent pas la totalité des agglomérations. Ces systèmes collectifs ou semi-collectifs sont vieillissants et souffrent d’un manque d’entretien et de rénovation En 2021, il n’existait aucun dispositif de suivi ni de filière de traitement pour les matières de vidange et les sous-produits de l’assainissement non collectif sur le territoire de la CCDS (HCSP, 2021). Au niveau de la CACL, les boues des fosses sceptiques, très concentrées en matières fécales, sont déversées par les vidangeurs directement dans le marais Leblond sans aucun traitement depuis les années 1990. Voir l’article de France Guyane sur le sujet

Le Haut Conseil de la Santé Publique alertait en mars 2021 sur les conséquences lourdes pour la santé publique du retard de développement des structures de traitement des eaux usées. Les dysfonctionnements des systèmes d’assainissement, ou l’absence complète de traitement, peuvent engendrer des problèmes de salubrité ainsi qu’une pollution des eaux souterraines et de surface, y compris des zones de baignade en eau douce ou en mer.

Avec la plateforme Sentinelles de la nature, nous avons dressé le bilan des pollutions de l’eau début 2026 : la veille participative a révélé un total de 149 pollutions de l’eau signalées actuelles sur toute la Guyane; dont 80 à l’échelle de la CACL ! Ces pollutions proviennent principalement des rejets d’eaux usées, des dépôts de déchets et des impacts de l’orpaillage.

Ici pour consulter nos chiffres 2026

Bon à savoir : La CACL met en place deux aides financières pour les propriétaires et copropriétaires de biens immobiliers : une aide au raccordement au réseau d’assainissement collectif et une aide à la réhabilitation des systèmes d’assainissement non collectif.

En savoir plus sur le site de la CACL. 

Au niveau des eaux de baignade en eau douce qui sont éloignées des zones urbanisées (notamment les criques), il est aujourd’hui difficile d’établir les causes exactes de la mauvaise qualité des eaux. Des études complémentaires sur les milieux sont nécessaires ainsi qu’une adaptation guyanaise de la directive européenne 2006/7/CE afin de mieux prendre en compte les spécificités des milieux amazoniens. 

Se mobiliser avec nous

Identifier les sources de pollution des eaux

C’est autour de ce constat alarmant et de la conviction qu’il appartient à tout le monde de se mobiliser pour la protection de l’environnement et de notre santé pour que nous lançons la campagne participative La belle plage. Pour participer, c’est très simple : il suffit d’utiliser l’application Sentinelles de la nature et de nous informer sur les atteintes que vous observez ou les informations que vous possédez.

Participer au recensement participatif des lieux de baignade non étudiés

En 2025, seuls 11 sites de baignade en Guyane étaient suivis par l’ARS pour évaluer la qualité de leurs eaux, essentiellement les eaux de mer. Pourtant, les Guyanais et Guyanaises se baignent dans de nombreux autres lieux : criques et fleuves … Aidez-nous à les recenser en indiquant les sites où vous vous baignez habituellement dans ce court questionnaire en ligne !

Devenir bénévole

Si vous souhaitez vous investir plus dans cette campagne, nous cherchons aussi des bénévoles ! Les missions sont à décider ensemble selon votre localisation, votre temps et vos envies. Voici quelques exemples de missions :

  • Participer aux stands et actions de sensibilisation du grand public
  • Vérifier sur place les alertes ou faire des recensements collectifs
  • Aide à la communication (vidéo, images, posts réseaux sociaux…)
  • Partage d’informations et participation au plaidoyer de l’association

Nos actions suite à cette campagne

Si vous êtes intéressé.e par ces données ou si vous avez des informations à nous fournir pour renforcer notre plaidoyer, n’hésitez pas à nous contacter directement : sentinellesdelanature@federation-gne.fr

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