Dépôts de déchets sur la rive surinamaise de la Lawa, 29/06/23, signalement 29422

Pollutions dans l'Ouest Guyanais : un état des lieux avec Sentinelles de la nature

En septembre et octobre 2025, deux membres de l’association Guyane Nature Environnement se sont rendus dans quatre communes de l’Ouest guyanais; Mana, Saint‑Laurent‑du‑Maroni, Maripasoula et Papaïchton dans le cadre du développement de l’outil Sentinelles de la Nature. L’objectif : rencontrer les habitant.es, cartographier les dépôts sauvages, caractériser les flux de déchets et dresser un état des lieux des pollutions observées et relevées par les habitant.es. Cet article entend livrer un panel des pollutions dûes aux déchets et des pollutions de l’eau à l’heure actuelle dans l’Ouest guyanais, mais aussi des évolutions à venir. 

Déchets : entre gestion défaillante et conséquences sanitaires

Conséquences sanitaires des déchets sauvages

Les dépôts sauvages et la mauvaise gestion des déchets dans l’Ouest guyanais exposent directement les habitant.es à des risques sanitaires importants :

  • Pollution du fleuve par les plastiques, métaux et batteries, pouvant contaminer l’eau utilisée au quotidien et provoquer des infections cutanées et des troubles digestifs. Les objets abandonnés dans l’eau augmentent aussi les risques de coupures et de plaies infectées.
  • Exposition au plomb liée aux nombreuses batteries abandonnées ou réutilisées, avec des risques pour la santé, notamment chez les enfants : atteintes neurologiques, problèmes de développement et risques de saturnisme. (source : StraMeLo, ARS Guyane)
  • Prolifération des moustiques et rongeurs, favorisée par les dépôts sauvages, contribuant à la propagation de maladies vectorielles et zoonotiques comme la leptospirose et la dengue. Selon le rapport de 2022 du Sénat, le taux de prévalence de la leptospirose en Guyane est 70 fois supérieur au taux national.
  • Brûlage des déchets, générant des fumées toxiques pouvant provoquer des irritations respiratoires, aggraver l’asthme ou favoriser des problèmes pulmonaires à long terme.

Décharges sauvages persistantes, collecte incomplète

Les coûts de gestion des déchets en Guyane sont considérables et s’expliquent notamment par leur difficile gestion dans les communes de l’intérieur (absence de routes terrestres, zones très éloignées) et des différences fortes entre les communes du littoral et de l’intérieur. Le rapport de 2022 du Sénat sur la gestion des déchets dans les Outre-mer met en avant des coûts 1,7 fois plus élevés qu’en Hexagone. Il s’agit d’un véritable frein dans la gestion des déchets dont la solution principale reste l’enfouissement des ordures ménagères dans des décharges plus ou moins légales. Le MODECOM de 2023, méthode de caractérisation des ordures ménagères développée par l’ADEME, a montré que sur le territoire de la CCOG, les ordures ménagères étaient en majorité constituées de plastiques (22%), déchets putrescibles (19%), textiles sanitaires (16%) et cartons (10%). Ces chiffres montrent qu’une grande partie des ordures ménagères pourrait être compostée, triée ou réemployée au lieu d’être enfuie. Les déchets issus du recyclage (hormis le verre) sont quant à eux pour la plupart envoyés et traités en Hexagone. Il n’existe pour le moment pas d’échange autorisé des déchets entre la Guyane et les pays voisins. (source : PRPGD de la Guyane, 2022).

source : MODECOM 2023, ADEME

La situation à Saint-Laurent-du-Maroni, Mana, Apatou et Awala-Yalimapo

Sur Saint-Laurent-du-Maroni, Mana, Apatou et Awala-Yalimapo, c’est la SPL Colibri (société publique locale) créée  en avril 2025 par la CCOG et les communes membres qui assure la collecte des déchets ménagers. La SPL prend un rôle croissant au niveau des dépôts sauvages de déchets et de la sensibilisation des populations en 2026. La CCOG gère ensuite le traitement des déchets. Le site d’enfouissement de Saint-Laurent-du-Maroni (ISDND), situé à 6 km du centre-ville, était historiquement l’unique centre de traitement des déchets non recyclables de l’ouest. Depuis 2022, le site a été modernisé avec la création de l’écopôle Colibri et de nouvelles plateformes dédiées au tri, à la collecte des déchets verts et au pressage en balles, complétées par un système de recirculation des lixiviats et une organisation optimisée pour valoriser déchets et encombrants.

 

La CCOG a également expérimenté en 2025 une déchèterie mobile sur Mana et Awala-Yalimapo, des communes trop éloignées de la déchèterie Colibri de Saint-Laurent-du-Maroni, qui a porté ses fruits. Elle permet de trier et recycler les déchets au lieu de les enfouir. Des zones de réemploi ont également été mis en place pour donner une seconde vie aux objets. Son accès est gratuit pour les particuliers, mais elle n’est pour le moment pas ouverte aux professionnels. Les dépôts sauvages de déchets restent très fréquents. Sur Sentinelles de la nature, on recense 18 lieux de dépôts à Saint-Laurent-du-Maroni ce qui montre la nécessité d’un travail concerté pour leur résorption.

Malgré les dispositifs en place, le brûlage des déchets reste une pratique individuelle courante, notamment des déchets verts ou de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Des traces de brûlage ont été signalées à plusieurs reprises à côté d’habitations sur le littoral.  

 La situation à Maripasoula, Papaïchton et Grand-Santi

Dans les communes de Maripasoula, Papaïchton et Grand-Santi, les déchets ménagers issus de la collecte en porte-à-porte sont transférés vers les Unités de Traitement des Déchets (UTD). Il s’agit pour le moment de décharges non conformes à ciel ouvert. Ces trois UTD sont équipées de presses à balle depuis plus de 10 ans. Ces presses à balles fonctionnent de manière plus ou moins erratique sur les communes de Maripasoula et Grand-Santi. Celle de Papaïchton n’a pour le moment jamais été mise en service. Initialement, ces presses à balles étaient prévues pour filmer les ordures ménagères et les maintenir à l’abri des pluies en amont de leur enfouissement. Lorsqu’il pleut, les déchets génèrent en effet des lixiviats, eaux contaminées résultant de la percolation des précipitations à travers les déchets. Ces lixiviats concentrent des polluants chimiques et bactériologiques dangereux pour les riverains et l’environnement. Cependant, depuis leurs misent en service, aucun centre d’enfouissement légal (ou ISDnD pour Installation de Stockage de Déchets non Dangereux), n’a été réalisé. Les balles sont donc entreposées sans solution d’enfouissement et se dégradent au soleil, les films se déchirent au bout de quelques mois, les déchets ne sont plus protégés et produisent donc des lixiviats au sein des UTD qui ne sont pas en capacité de les traiter. 

Cette gestion défaillante pose de gros problèmes d’atteintes à la santé et à l’environnement sur les communes de Grand Santi, de Papaïchton et plus encore à Maripasoula où un incendie de déchets en 2019 a duré plusieurs mois et a empoisonné la vie des habitant.es.

A Papaïchton et Grand-Santi, la collecte en porte-à-porte des ordures ménagères assurée par la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais (CCOG) ne couvre que le bourg. A Maripasoula, la collecte couvre aussi les écarts depuis avril 2025. Les filières REP (Responsabilité Élargie du Producteur) qui gèrent les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et les batteries ne sont mobilisées que ponctuellement, sur sollicitation, lorsque ces déchets dangereux sont en quantité suffisante. Afin de limiter leur enfouissement, il est important de sensibiliser les agents sur les déchets issus des filières REP, afin d’assurer un tri préalable indispensable à leur collecte. Enfin, une centralisation des DEEE est en cours sur la future déchèterie de Maripasoula.

 Les véhicules hors d’usage demeurent durablement sur site en l’absence de solution de gestion sur place ou d’une possibilité de rapatriement vers les centres de traitement sur le littoral. Les carcasses de voitures non traitées libèrent des substances toxiques (huiles, métaux lourds, hydrocarbures…) qui contaminent les sols, les cours d’eau et exposent les populations à des risques pour la santé.

Concernant la collecte sélective, elle a été initiée à Maripasoula, les villages du haut Maroni  et Grand Santi. Des bornes de tri ont été installées par l’éco-organisme Citéo (plastique, verre etc.) mais elles restent très peu utilisées et vidées. Leur mise en place demande un travail de sensibilisation des populations et doit être accompagnée d’une évacuation efficace des déchets recyclables mais non valorisables sur place. Le verre bénéficie depuis peu d’une valorisation grâce à un petit broyeur installé dans la commune. Trois broyeurs à verre ont récemment été montés sur le fleuve (deux à Maripasoula et un à  Grand-Santi). Cependant, les modèles choisis sont trop petits pour être utilisés sur Maripasoula, les volumes de verres produits étant trop importants. Ces broyeurs seront probablement déployés dans les villages plus petits et les écarts. Les résidus de verre seront, par exemple, intégrés dans les travaux de construction locaux si une filière se met en place. Les déchets organiques, eux, ne font l’objet d’aucune filière spécifique et sont également envoyés à la décharge sans valorisation, attirant les nuisibles.

Un ramassage des déchets diffus est organisé quotidiennement par la Commune de Maripasoula  mais les déchets sont toujours présents en grande quantité. A titre d’exemple, un ramassage collectif organisé en octobre 2025 par HISA et rejoint par GNE et les associations OSL, Chercheurs d’autres et Kwala Faya avait ramassé plus de 450 kg de déchets sur une bande de 100m sur le dégrad.

Sur Papaïchton, l’association Yenkumu Lutu fait un ramassage quotidien des déchets diffus sur le bourg et aux abords du dégrad principal ce qui réduit considérablement les risques liés à ceux-ci. Ce nettoyage quotidien rend le dégrad de Papaïchton beaucoup plus accueillant que celui de Maripasoula et limite les accidents liés au déchets diffus dans le fleuve, (notamment les coupures liées aux morceaux de verre et aux déchets métalliques). La Commune est dans l’attente de l’installation de l’ISDND PK16 et d’une déchèterie qui remplaceront la décharge actuelle. 

La collecte des ordures ménagères et la collecte sélective sont en place depuis avril 2026 sur les villages du haut Maroni. Si cette évolution est très positive pour les habitant.es et l’environnement, des questions restent en suspens : Quel est le devenir des anciennes décharges des villages et des carbets propreté, notamment celui de Talhuwen ?

 

 

Perspectives d’amélioration de la situation

La CCOG, la SPL Colibri et les éco-organismes travaillent à l’amélioration de la gestion des déchets dans l’ouest de la Guyane. Dans ce cadre, de nouvelles déchèteries sont en cours de création à Papaïchton, Grand-Santi et Maripasoula, tandis que la collecte dans les écarts connaît une amélioration depuis avril 2025.

Guyane Nature Environnement pense qu’il est nécessaire de favoriser :(1) la réutilisation via des filières de réemploi (recycleries, friperies solidaires, réparation des appareils); (2) la valorisation sur place (utilisation du verre broyé, compostage), (3) le transfert vers les centres de traitement du littoral et (4) la coopération internationale avec le Surinam sur le traitement des déchets. 

La gestion des déchets en Guyane fait face au manque de connaissances et de données précises sur les dépôts sauvages notamment. Il est important de noter la complexité du territoire dans la gestion des déchets (absence de routes terrestres, zones très éloignées…). Une situation qui est en voie d’évolution via le montage de l’Observatoire des déchets de la CTG (2026) mais également celui de la CCOG. Le but des ces observatoires est de centraliser des données chiffrées récentes sur la gestion des déchets (volume, proportion collectée, existence de déchèteries, bacs de tri, suivi des flux etc.) Sentinelles de la nature y participe via son partage de données sur les dépôts sauvages. Ces observatoires ont également pour effet annexe d’améliorer le dialogue entre les différentes filières et les gestionnaires dans un objectif d’optimisation des coûts de gestion. 

Un point noir majeur subsiste concernant l’absence de gestion des déchets du côté surinamais. En face de Maripasoula, par exemple, les déchets sont déposés dans des décharges situées en bord de fleuve. À chaque crue, ces déchets se retrouvent entraînés dans le fleuve. Une problématique importante concerne également la multiplication des incendies de magasins : ceux-ci étant équipés d’installations solaires, les batteries (souvent au plomb) se retrouvent dans le fleuve, engendrant de forts impacts sanitaires et environnementaux. Dans une dynamique de coopération internationale France–Surinam, le second plateau COTTICA s’est tenu à Maripasoula en novembre 2025, réunissant des élus, des institutions et des représentants des communautés locales de Guyane et du Surinam. Ce COTTICA avait notamment pour objectif d’amorcer le dialogue sur la gestion transfrontalière des déchets, dans le cadre d’une gestion durable des eaux du bassin du Maroni.

En savoir plus : Les déchets en Guyane – Guyane Nature Environnement

Eau : pollution du fleuve et approvisionnement en eau potable

Le Maroni fortement dégradé : déchets, turbidité et risques sanitaires quotidiens

Les observations de terrain effectuées par GNE ainsi que les retours des habitant.es confirment une forte dégradation de la qualité de l’eau du Maroni : pollution par les déchets, hausse importante des matières en suspension et contamination au mercure. Cette situation affecte directement les populations qui vivent sur le fleuve. 

L’accès à l’eau potable demeure un enjeu majeur, particulièrement en saison sèche, lorsque le niveau du fleuve baisse et que les captages deviennent plus difficiles. Selon une étude pour l’élaboration du SDAGE 2028-2033, plus de 10 % de la population guyanaise ne dispose pas d’un accès à l’eau potable, en particulier dans les communes isolées de l’Ouest et les habitats spontanés de Saint-Laurent-du-Maroni. Des habitant.es de quartiers entiers n’ont pas d’accès ou un accès limité à l’eau potable, beaucoup récupèrent et consomment l’eau de pluie avec les risques sanitaires que cela représente. Les communes du littoral comme Saint-Laurent-du-Maroni, Kourou et Cayenne sont approvisionnées par des eaux de surface captées le long des fleuves. Ces captages d’eaux de surface sont réalisés dans des masses d’eau dites transitoires, c’est-à-dire des estuaires, particulièrement sensibles aux intrusions d’eaux saumâtres. Cette vulnérabilité s’est notamment traduite par des épisodes d’eau du robinet salée observés en 2024 à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni.

Certains villages de l’intérieur s’appuient sur les eaux souterraines via des forages dans les bourgs et/ou avec la récupération d’eau de pluie dans les écarts. Ce fonctionnement peut être fragilisé par les épisodes de sécheresse. En 2024 par exemple, plusieurs villages du Haut-Maroni ont dû être alimentés en bouteilles d’eau potable lorsque les forages ne permettaient plus de fournir les habitant.es en eau potable.

En parallèle, la défaillance de nombreux système d’assainissement voir le rejet direct d’eaux usées contribue à la dégradation de la qualité de l’eau. L’assainissement individuel est la solution la plus courante. Elle repose sur des fosses septiques ou, parfois, sur l’absence totale de traitement. 95% des installations sont non conformes. Souvent, les eaux usées sont rejetées directement dans le milieu naturel. (source : CESE, 2022) A Saint-Laurent-du-Maroni, les quartiers d’habitat spontané ne disposent généralement pas d’équipement spécifiques ce qui pose un enjeu sanitaire important . Le Haut Conseil de la Santé Publique alertait en mars 2021 sur les conséquences lourdes pour la santé publique du retard de développement des structures de traitement des eaux usées. Les dysfonctionnements des systèmes d’assainissement, ou l’absence complète de traitement, peuvent engendrer des problèmes de salubrité ainsi qu’une pollution des eaux souterraines et de surface, y compris des zones de baignade en eau douce ou en mer.

A Maripasoula, Papaïchton et Saint Laurent du Maroni, plusieurs habitant.es nous ont signalé des problèmes de santé après s’être baignés dans le fleuve. Bien que de nombreuses personnes se baignent quotidiennement dans le Maroni; et qu’une piscine municipale est en construction directement sur le fleuve à Papaïchton; aucune campagne régulière de contrôle de la qualité des eaux de baignade n’est conduite par l’Agence Régionale de Santé (ARS) sur le Maroni. L’absence de suivi sanitaire expose les habitant.es à un risque peu documenté. 

Voir ici la qualité des eaux de baignade en Guyane

Mercure et orpaillage : une contamination d’origine multiple

Les prélèvements réalisés sur le Haut-Maroni montrent des niveaux d’imprégnation mercurielle particulièrement élevés dans la population. Dans un communiqué du 18 avril 2024, Maiouri Nature Guyane indiquait que : les taux mesurés dans les cheveux sont 5 fois supérieurs aux recommandations de l’European Food Safety Authority (EFSA), et jusqu’à 10 fois plus élevés chez les habitant.es du Haut-Maroni que chez les habitant.es du littoral guyanais. Ces intoxications ont pour conséquences des risques très élevés de saturnisme chez les enfants. Ces populations subissent les conséquences de l’extraction minière en Guyane et au Surinam. Les orpailleurs clandestins utilisent le mercure pour amalgamer l’or, celui-ci est ensuite rejeté dans la nature. L’orpaillage légal contribue également à la mobilisation du mercure présent naturellement dans les sols, (mécanisme de méthylation du mercure dit natif), et à la remobilisation du mercure utilisé antérieurement par des orpailleurs légaux ou illégaux. L’activité minière provoque également une canalisation des cours d’eau induisant une destruction des lits majeurs ainsi qu’une déforestation des rives. Plus en aval, l’eau de la crique est fréquemment affectée par des matières en suspension résultant d’une forte érosion. Ces MES viennent colmater les bas fonds en aval engendrant une surmortalité de la végétation qui y est présente.

En savoir plus : Les taux de mercure chez les populations du Haut Maroni – Guyane Nature Environnement

En savoir plus : La mine en Guyane – Guyane Nature Environnement

Perspectives d’amélioration de la situation

Le suivi de la qualité des eaux de baignade est indispensable à leur amélioration. Il est assuré par l’Agence Régionale de Santé de Guyane (ARS), après détermination du caractère baignable des sites, notamment en fonction de leur fréquentation quotidienne (lorsque la fréquentation est estimée à au moins une dizaine de personnes régulièrement). Afin de réduire les sources de pollution qui dégradent ces milieux, les gestionnaires des sites (communes ou propriétaires privés) doivent établir un « profil de baignade ». Ce document permet d’identifier les sources de pollution et de définir les actions nécessaires pour les limiter ou les supprimer. À ce jour dans l’Ouest, seules les communes de Mana (crique Organabo) et d’Awala-Yalimapo (plage des Hattes) ont élaboré un profil en 2015, dont le renouvellement prochain n’est pas assuré. Il est essentiel que les pouvoirs publics sur les deux rives du Maroni s’approprient le suivi de la qualité des eaux dans une perspective de salubrité publique.

Ce type de coopération devra aussi permettre de renforcer la lutte contre l’exploitation minière qui constitue une source importante de pollutions des masses d’eau. Cette lutte doit être menée urgemment concernant l’orpaillage illégal, sans oublier l’exploitation minière légale également génératrice de pollutions et de dégradations environnementales. Pour le premier, elle suppose une coopération renforcée avec le Suriname et un accroissement des moyens alloués aux missions interministérielles Harpie. Pour le second, l’application et le renforcement des réglementations environnementales et la pénalisation systématique des infractions.

Quelques initiatives positives dans l'Ouest Guyanais

Et pour finir sur une note plus positive et parce que Sentinelles de la Nature est aussi un outil de valorisation des initiatives positives, individuelles ou collectives; il est important de citer celles et ceux, hors institutions, qui oeuvrent déjà contre ces pollutions et que nous avons pû (re)rencontrer avec des perspectives futures de travail commun :

  • Le Carbet des associations au Village Chinois (Saint-Laurent-du-Maroni) : Un centre social et culturel qui comporte entre autres, une friperie solidaire, un atelier informatique et jardin partagé. 
  • L’ADNG (Saint-Laurent-du-Maroni) : L’Association pour la Découverte de la Nature en Guyane (ADNG) organise des animations grand public et des interventions dans les établissements scolaires pour sensibiliser à l’environnement. 
  • L’association Mama Bobi (Saint-Laurent-du-Maroni) : Une association qui œuvre à la transmission des cultures des sociétés issues du Marronnage et qui, entre autres, sensibilise publics et institutions à la gestion durable de l’eau et aux risques sanitaires des déchets. 
  • La ressourcerie PPTZ  (Saint-Laurent-du-Maroni) : Un atelier-boutique où les dons sont revendus à petit prix ou servent pour de nouvelles pièces. Moins de déchets textiles et plus de solidarité.
  • L’association Muntu Gwiyan (Saint-Laurent-du-Maroni et Mana) : Une association qui œuvre pour la protection et la valorisation de la biodiversité et la culture guyanaise via des randonnées naturalistes et des activités de sensibilisation à la nature pour les enfants.
  • La régie Manaré (Mana) : Une structure qui agit pour l’insertion professionnelle, la gestion des déchets, la médiation sociale, l’embellissement du bourg et la création récente d’une boulangerie solidaire. 
  • Le Centre social Makandra (Mana) : Une structure du lien social à destination des familles, des enfants et des jeunes. Le centre met en place des activités ponctuelles de développement durable comme des ateliers de couture, de jardinage et des vides greniers éphémères. 
  • Kwala Faya (communes isolées) : Une structure qui accompagne les populations des zones isolées dans l’autoconstruction et l’installation de kits solaires photovoltaïques et qui participe au tri des déchets dangereux type DEEE.
  • L’association Chercheurs d’autres (Maripasoula et Papaïchton): Une association qui tisse des liens interculturels autour de la création et la médiation culturelle. Elle a entre autres accompagné quatre jeunes de Maripasoula, Cayenne et Iracoubo à monter un plaidoyer à l’occasion de la Cop 30 à Belem et de la deuxième édition du Cottica à Maripasoula. 
  • L’association Yenkumu Lutu (Papaïchton) : Une structure d’insertion avec pour objectifs le renforcement du lien social par des actions de proximité, de médiation et de lieux d’échanges; sur des actions aussi large que la gestion des déchets, les espaces verts, l’animation sociale et la fabrication de briques en terre crues. 

Le travail de Guyane Nature Environnement dans ces pollutions : l’outil Sentinelles de la nature 

Guyane Nature Environnement travaille à la résorption des différentes pollutions remontées par les habitant.e.s via l’outil Sentinelles de la nature. La plateforme Sentinelles de la Nature est une plateforme web et application mobile mise à disposition de l’ensemble des habitantes et habitants de la Guyane qui leur permet de signaler les atteintes à l’environnement qu’ils ou elles constatent au quotidien (dépôts sauvages, déversements de substances polluantes, déforestations illégales, etc.). Nous mettons aussi en lumière les initiatives positives individuelles ou collectives en lien avec l’environnement. Nous travaillons sur la résorption de ces pollutions via la mise en lien avec les services compétents, la sensibilisation des habitants et agents territoriaux, la mise à disposition de nos données et le portage d’un plaidoyer pour mobiliser sur des changements de long terme. 

Après quatre ans de mise en service, nous constatons que les signalements sont en majorité présents au niveau de la CACL, nous souhaitons donc continuer ce travail dans l’Ouest guyanais.  Lors de notre déplacement à Saint Laurent du Maroni et Mana en septembre; et à Maripasoula et Papaïchton en octobre 2025, nous avons pû rencontrer les institutions, associations et habitant.e.s de ces quatre communes afin de les mobiliser largement. L’objectif est à présent de faire durer les partenariats créés et de continuer ce travail de fourmis qu’est la mobilisation des habitant.e.s. 

Pour participer : la cartographie Sentinelles de la Nature

  

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